La partie immergée de la maladie



Dans les années 90, cette maladie (maladie cœliaque) était encore méconnue et considérée comme rare. On ne prenait alors en compte que ses formes les plus classiques (et les plus facilement observables) que sont la diarrhée, l'amaigrissement, les douleurs abdominales et les signes biologiques liés à des difficultés d'absorption : manque de fer, de calcium, de magnésium, de vitamines, etc...

La recherche a ensuite démontré que toutes ces réactions n’étaient en fait que "la partie émergée de l'iceberg" et ne représenteraient en réalité que 10 à 20% des manifestations de la maladie. C'est pourquoi aujourd'hui la liste des troubles, affections, ou maladies liés à l'intolérance au gluten est longue : ballonnement, anémies, maladie du foie, diabète, migraines, troubles de la reproduction et ou de la croissance, maladies cardiaques, herpès, problèmes dentaires, aphtes à répétition, arthrite. Bien sûr toutes les personnes concernées par cette liste ne sont pas pour autant malades cœliaques.

En réalité, la maladie ne peut se développer qu'en présence de deux éléments : un provocateur (le gluten) et un terrain génétique très fort

 

 

Formes cliniques (source Afdiag)

La forme du nourrisson et celle du jeune enfant est la plus classique. L'enfant présente souvent une diarrhée chronique, il est fatigué, apathique et triste. Son abdomen est ballonné et ses membres graciles. Il existe le plus souvent un ralentissement de la croissance en poids et en taille. Chez l'enfant plus âgé, la maladie peut être peu symptomatique, limitée isolément à une petite taille, un retard d’apparition de la puberté, une anémie ferriprive chronique, des anomalies de l'émail dentaire, des douleurs articulaires…

 


Chez l'adulte, les signes de la maladie peuvent être la diarrhée et un amaigrissement inquiétant. Plus souvent que chez l’enfant, la maladie peut être mono-symptomatique (anémie ferriprive, ostéoporose…) ou atypique (se manifestant par des crampes musculaires, une stomatite aphteuse, des irrégularités menstruelles, des fausses couches à répétition…). Il faut donc évoquer systématiquement la MC devant ces symptômes. Le nombre et l’intensité des symptômes varient d’une personne à l’autre.

 


Quel est le diagnostic pour découvrir l'intolérance au gluten?

Ce diagnostic est difficile à effectuer. Il comprend un bilan sanguin et une biopsie intestinale



Le bilan sanguin porte sur : 

  • La recherche d’anticorps anti endomyosum, anticorps antigliadine et d’anticorps anti transglutaminase
  • Le bilan biologique chez l’adulte : dosage du fer, du calcium, du magnésium, des folates, des transaminases…



La biopsie intestinale


La biopsie, effectuée au cours d’une fibroscopie, permet de rechercher l’atrophie villositaire: elle est l’examen indispensable pour effectuer le diagnostic avec certitude, même si la sérologie est positive (présence d’anticorps)

 


Quel est le traitement ?

Contrairement à ce que l'on pourrait penser, la dégradation de l'intestin n'est ni inéluctable, ni irréversible. Cet organe dispose d'une capacité de régénération étonnante, c'est pourquoi le seul traitement réellement efficace n'est pas médicamenteux mais "diététique". C'est le régime sans gluten qui permet , comme l'indique son nom, d'écarter l'un des deux éléments nécessaires au développement de la maladie.


Ce régime repose sur l'exclusion du blé, de l'orge, du seigle et de l'avoine. SIMPLE????? En pratique non. Car le gluten se cache sous d'autres noms dans de nombreux aliments à priori au dessus de tout soupçon. On le trouve ainsi sous le terme "amidon de blé" par exemple, dans des produits industriels tels que les conservateurs cuisinées, les desserts (flans, crèmes, tous les gâteaux et pâtisseries) certains épices ou condiments, les viandes panées, ou en croûte, certaines charcuteries, le surimi (sauf celui de la marque Fleury Michon où sans gluten est précisé) , les pommes noisettes, certaines chips et frites, etc..


De plus certains produits ne contenant pas de gluten peuvent ainsi présenter un risque lorsqu'ils sont fabriqué dans un atelier qui en utilise par ailleurs.
Mais la contamination peut aussi se produire après l'achat. Si un malade cœliaque se trouve dans un groupe consommant de la confiture dans un même pot, il peut être exposé au gluten présent sur le couteau que chacun replonge dans la confiture après l'avoir mis en contact avec du pain par exemple.


Le régime peut donc devenir un vrai casse tête et même parfois un handicap social

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